Deuils de miel

deuils_de_mielRésumé : Après le décès accidentel de sa femme et sa fille, le commissaire Sharko est un homme brisé. Insomnies, remords, chagrin… Difficile dans ces conditions de reprendre du service. Mais une macabre découverte va brutalement le ramener à la réalité : une femme est retrouvée morte, agenouillée, nue, entièrement rasée, dans une église. Sans blessures apparentes, ses organes ont comme implosée. Amateur d’énigmes, le tueur est aussi un orfèvre de la souffrance. Et certainement pas prêt à s’arrêter là.

Pour Sharko, déjà détruit par sa vie personnelle, cette enquête ne ressemblera à aucune autre, car elle va l’entraîner au plus profond de l’âme humaine : celle du tueur… et de la sienne.

Extrait : « L’ange rouge a décidément détruit ma vie et éliminé ceux que j’aimais.

Aujourd’hui, un seul mot me hante l’esprit. Traque. Profiter de la carapace de flic pour les traquer, tous, les uns après les autres. Leur éclater le crâne sous ma semelle, comme autant de moustiques.

Sur la moquette de ma chambre, des pieuvres de fer épandent leurs tentacules jusqu’en bordure de salle à manger. Les trains miniatures, vapeurs vives ou motrices électriques, attendent la délicatesse d’une main pour promener leurs wagons. Avant de me coucher, j’en propulse deux, pleins rails. Malgré ces rivières pourpres qui ont irrigué ma vie, il reste une peur que je ne maîtrise pas, celle du silence… Aidé de somnifères, je sombre lentement, dans la fureur des raclements de bielles. Le visage de Chartreux m’apparaît une dernière fois, une bulle de sang entre les lèvres…

Tard dans la matinée, je m’extirpe de ma couche, réveillé par le téléphone. Je suis censé reprendre le travail demain mais un message, sur mon répondeur, change la donne. Mon divisionnaire me demande d’aller dans une église. Un curé a découvert sur l’agenouilloir d’un confessionnal une femme morte, nue et rasée des orteils au sommet du crâne. Tout mon être s’embrase d’un feu dangereux.

Au moment où j’éteins le transformateur brûlant qui agite mon réseau de trains, où les locomotives épuisées de leur course nocturne arrachent les derniers mètres, alors, à ce moment-là, l’homme, l’humain, s’endort, tandis que le flic s’éveille.

La traque.

La traque reprend… »

Mon avis : Deuxième enquête du commissaire Sharko, la lecture de l'histoire précédente n'est heureusement pas essentielle à la compréhension de ce roman. Bien entendu, l'auteur y fait de nombreuses allusions mais celà excitera juste la curiosité du lecteur plutôt que de le frustrer car aucun élément essentiel ne manque dans ce roman. Le personnage principal est le même et l'aventure ne suit pas immédiatement la prmière.

Bref, Franck Thilliez nous mène dans les bas fonds de Paris et sa banlieue à la recherche d'un criminel aussi génial qu'effroyable. Car les corps sont découverts les uns après les autres, victimes d'un sadisme incroyable, tandis que le meurtrier joue au chat et à la souris avec les policiers, semant derrière lui les indices d'un jeu de piste
Dans cette folie furieuse, nous nous intéressons donc à l'univers de l'entomologie, de ses passionnés tout autant qu'à des esprits malades, qu'ils soient victimes ou criminels.

L'auteur fait reposer son intrigue sur une documentation solide aussi bien sur les pathologies mentales du criminel et des victimes que sur les insectes dont le meurtrier se sert, mais aussi sur une connaissance de la région parisienne et du 36 quai des orfèvres. Un roman effroyable par son contenu, captivant par son écriture, intense par sa narration. Un thriller dans toute la simplicité et la splendeur de sa définition.

Auteur : Franck Thilliez

Editeur : Pocket

Prix : 6,90

Pages : 341

Sommaire des livres critiqués