Frankenstein

frankensteinRésumé : 16 juin 1816. L'orage gronde. Dans une ville cachée au milieu des arbres, sur les bords riants du lac de Genève, une petite société s'ennuie. Il y a deux poètes, Byron et sheley, leurs compagnes, Claire et Mary, un médecin, Polidori. On se raconte d'horrifiques histoires, selon la mode du temps. On décide même d'en écrire. Dans la nuit, le jeune Mary - elle n'a pas encore dix-neuf ans- ne peut dormir : elle rêve d'un "hideux fantasme d'homme". quelques jours plus tard naissent Victor Frankenstein et sa créature. Récit d'une inquiétante nouveauté, vite porté à la scène, très souvent ensuite à l'écran. Devenu si mythique que, dans l'esprit du pulic qui a oublié Mary Shelley, le créateur et sa créature se sont confondus.

Extrait : "Ce fut par une lugubre nuit de novembre que je vis enfin mon oeuvre terminée. Avec une anxiété melée de terreur, je rassemblai autour de moi les instruments qui devaient me permettre d'infuser l'étincelle de vie dans cette chose inerte gisant à mes pieds. Une heure du matin venait de sonner et la pluie frappait lugubrement contre les vitres. Ma bougie presque entièrement consumée jetait une lueur vacillante, lorsque tout à coup, je vis s'ouvrir l'oeil jaune et vitreux de cet être. Sa poitrine se soulever et il commença à respirer péniblement. Brusquement un mouvement convulsif agita ses membres."

L'avis de Dazboness : Aventure au combien célèbre par ses adaptations cinématographiques, l'oeuvre de Mary Shelley n'en est pas moins très largement méconue du grand public.

C'est avec cette certitude et l'envie de connaître le véritable "Frankenstein" que je me suis lancé dans la lecture de ce roman qui est à cent leiues de tout ce que l'on corit savoir sur le fameux être humain artificiel.

En effet, l'auteur est bel et bien une auteur du mouvement romantique et celà se sent à travers chaque paragraphe, chaque chapitre de son roman. Les personnages étant essentiellement guidés par les élans de leur coeur, et par une grande curiosité de la vie, de l'amour et de l'autre... y compris la créature, qui se lance dans de grands monologues sur la raison face à son créateur.

Le monstre est ici vif, intelligent, fort, à la recherche d'amour, d'amitié et de compassion, mais également doté des défauts des passions humaines car face au mépris et à la peur des autres il se dcide à répondre par la haine et la violence, et une intelligence mauvaise le guide dans ses plus horribles actions.

A aucun moment l'auteur ne décrit le secret de fabrication du monstre, laissant de côté cet aspect si étrange et relevant de la folie, pour se consacrer à l'apparence horrible de la créature, un être écorché vif au sens propre du terme, dont la seule vue fait vomir, trembler et fuir son créateur. Un tel être, malheureusement doté d'une intelligence et curiosité humaine plutôt que d'instinct animals, voilà la véritable malédiction de cet être. Car cet aspect humain de sa personne le pousse vers une société qui ne peut que vouloir sa mort.

Ainsi donc, l'on assiste au combat d'un être diforme pour ne plus être seul, contre le combat d'un homme pour retrouver la paix et la raison face au crime dont il s'est rendu coupable en entrant dans le domaine de Dieu. Un pur produit de la littérature romantique, loin des épisodes sur pellicule montrant des chateaux façon "Dracula".

Auteur : Mary Shelley
Editeur : Pocket
Prix : 3,90€
Nombre de pages : 265

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