Le Chevalier
Haut-Royaume, Livre 1

haut-royaume 1 - le chevalier

Résumé : Il avait nom Lorn Askariàn. Certains disent que le malheur arriva par lui et d'autres qu'il fut celui par qui tout fut sauvé. Dans ses veines coulait le sang  noir des héros condamnés.  

Le Haut-Royaume connaît sa période la plus sombre. Le roi est affaibli et la rébellion gronde aux frontières du territoire. En dernier recours, le souverain libère Lorn de ses geôles et le nomme Chevalier du Trône d’Onyx, chargé de protéger l’autorité royale. Héros valeureux et juste, Lorn est une figure d’espoir pour le peuple, mais il poursuit également un but secret : retrouver ceux qui l’ont maintenu en captivité, les uns après les autres… et leur faire sentir le goût de la vengeance.

Extrait : "Le Haut-Roi avait demandé que l'on déplace son trône jusqu'à la fenêtre. il voulait voir la pluie qui, cette nuit-là, tombait sur la Citadelle. C'était une averse blanche, chargée d'une cendre qui laisserait un linceul pâle sur les tuiles et les pierres. Un présage funeste. L'annonce d'une guerre, d'une famine, d'une épidémie.
Ou d'un deuil.
Le vieux roi Erklant espérait que ce serait le sien. Il était prêt, plus prêt qu'il ne l'avait jamais été à l'époque où il se jetait dans la mêlée au plus fort de la bataille. Etait-ce parce qu'il l'avait trop souvent défiée, que la Mort le narquait aujourd'hui ? Il souffrait d'un mal mystérieux qui avait fait de lui un viaillard squelettique et toujours épuisé, et dont la raison, parfois, se troublait.
Une rafale de pluie entra par la fenêtre ouverte et crépita à ses pieds.
Il ne réagit pas, immobile sur son trône d'ébène et d'onyx. Il était pourtant lucide, et ne dormait pas derrière le voile qui cachait son visage. Plongé dans ses pensées, il songeait à son règne, à ses fils et à la reine, à son royaume que les révoltes et la guerre menaçaient. Grâce aux avertissements que le Dragon Blanc lui avait envoyés dans son sommeil, il savait que l'avenir était sombre et tragique.
Mais qu'y pouvait-il ?
Il avait été un grand roi. Aussi loin qu'il s'en souvenait, il avait régné, aimé et combattu comme tel. Alors qu'était-il advenu de ce roi glorieux et craint ? Avait-il disparu à jamais ? Et comment avait-il pu devenir ce vieillard qui, reclus dans une forteresse déserte, n'attendait plus que de mourir ? Il daisait désormais pitié.
Amer, accablé, Erklant II se laissa distraire par les gouttes qui éclaboussaient le rebord de la fenêtre. Puis son regard suivit les dégoulinures crayeuses qui faisaient une flaque à l'intérieur, et ses pensées faillirent lui échapper...
Mais il se ressaisit.
Ses mains osseuses agrippèrent les accoudoirs du trône et, tirant sur ses bras, puossant sur ses jambes, le Haut-Roi se leva lentement. Ce fut une victoire. Il était faible et, par orgueil, il n'avait jamais cessé de se vêtir en monarque guerrier. Le cuir et les mailles d'acir pesaient lourd.
Ayant pris une profonde inspiration, il fit un pas.
Un autre.
Un troisième qui le porta jusqu'à la fenêtre.
Il put alors observer la Citadelle sous l'averse blanche, les toits éclaboussés, les hauts murs d'enceinte et leurs chemins de ronde, les feux des tours de guet et les silhouettes sombres des montagnes.
Au-delà s'étendait son royaume.
Haut-Royaume.
Erklant II soupira.
Jadis, d'autres que lui s'étaient enfermés dans cette forteresse solitaire. C'était durant la Dernière Guerre des Ténèbres. Menés par celui qui allait devenir le premier Haut-Roi, quelques milliers de guerriers avaient mené ici ce qu'ils croyaient être un ultime combat - pour eux, il ne s'agissait pas de vaincre les armées des Dragons d'Ombre et d'Oubli, seulement de leur résister jusqu'au bout et de tomber les armes à la main. Comme eux, le vieux roi était venu ici dans l'intention d'y mourir. La Citadelle serait son tombeau, loin des regards et des murmures.
Mais ses plans avaient été bouleversés.
Les membres de l'Assemblée d'Ir'kans lui avaient parlé. Ou du moins lui avaient-ils envoyé un de leurs émissaires, ainsi qu'ils le faisaient toujours. Le Haut-Roi l'avait reçu. Il l'avait écouté et il avait retrouvé espoir. Peut-être pouvait-il encore sauver son royaume et achever son règne dans un semblant de gloire. Si l'Assemblée ne mentait pas, telle était la volonté du Dragon du Destin et il ne manquait plus qu'un homme pour qu'elle s'accomplisse.
Un homme diffamé, banni.
Un homme condamné à l'enfer.
Et qu'il fallait rappeler.
La pluie collant son voile sur son visage osseux, le Haut-Roi leva les yeux et son regard se perdit bien plus loin que ne se portait sa vue, vers un navire qui semblait minuscule sur une mer déchaînée." 

L'avis de Dazboness : La nouvelle saga signée Pierre Pevel. Après la trilogie Les Lames du Cardinal consacrée aux aventures des plus ines lames du royaume de France, déterminés à empêcher les manigances des dragons pour s'emparer du royaume de France, l'auteur nous entraine cette fois-ci dans un royaume créé de toutes pièces, dans lequel les Dragons sont des êtres mystérieux mais dont certains, toujours en vie, tentent désservir l'humanité ou de la guider dans sa destinée et son indépendance.

Et sur l'échiquier, les pièces manipulées par ces quelques dragons, des rois, des princes, des guerriers, des chevaliers. Et parmis ces pièces, certaines ont un rôle déterminant pour l'avenir du Haut-Royaume : le Chevalier du Trône d’Onyx, chargé de protéger l’autorité royale et le royaume de ses ennemis comme de ses "alliés".

Nous suivons donc la quête d'un Chevalier qui n'est pas la parangon de vertu qu'il a pu être. Un être qui a été banni, enfermé, exilé, corrompu par le Mal mais qui malgré cela reste fidèle à ses serments : protéger le Haut-Royaume, et se venger de ceux qui sont à l'origine de sa disgrâce.

Pierre Pevel nous entraine dans une aventure sombre de chevalerie. Où même les plus brillants et fidèles guerriers ont en eux une part qu'il est désagréable de découvrir... et que dire donc de ceux qui vulent combattre ou trahir le Haut-Royaume. Une histoire où chacun, chaque acte, a des conséquences insoupçonnées mais forcément initiatrices de tragédies. Et les complots et manigances auxquelles doit se confronter ce guerrier sont autant de pièges pour un chevalier qui n'est pas rompu aux arts de la diplomatie et de la cour.

Un régal, une ouverture qui donne les fondements d'une saga aussi sombre qu'excitante, où nombre de questions sont posées, et tant d'évènements à venir anticipés avec appréhension. 

Auteur : Pierre Pevel
Editeur : Bragelonne
Prix : 25€
Nombre de pages : 527

Sommaire des livres critiqués