La trilogie du dernier souffle : Le Don

le_donRésumé : A peine plus qu'un adolescent, Wyl Thirsk doit assumer le rôle pour lequel on le destinait depuis sa naissance : commandant en chef des armées de Morgravia - une énorme responsabilité qui le conduit droit à la cour de prince Celimus. Ce dernier, cruel despote qui se délecte de la souffrance des autres, prend un malin plaisir à forcer son nouveau "général" à assister à ses divertissements malsains. Mais un geste de bonté envers une sorcière condamnée au bûcher vaudra à Wyl un don miraculeux ainsi que la colère de son seigneur et maître.

La guerre menaçant au nord, Wyl doit obéir aux ordres du traître Celimus et se voit confier une mission suicidaire à la cour ennemie - avec pour seule arme un mystérieux pouvoir dont il  ne soupçonne même pas l'existance. Or, s'il n'embrasse pas le Dernier Souffle de Myren, il sera détruit... et avec lui le pays qu'il a juré de défendre.

Extrait : "Le coup allait être mortel. Il le sut à la seconde même où il capta la lueur menaçante de la lame à l’entame du mouvement ; et il l’accepta.
Fergys Thirsk, le fils chéri du royaume de Morgravia, entama la dernière partie de son chemin vers la mort par une petite aube grise, dont les lueurs pâles éclairaient à peine le ciel d’hiver. Il contempla sa fin inéluctable avec le courage dont il avait fait preuve tout au long de sa vie de général de la légion.
C’était l’idée du roi que d’attaquer sous le couvert de la nuit le détachement de Briavel rassemblé de l’autre côté de la colline. Pour sa part, Fergys n’aimait pas trop l’idée d’enfreindre la trêve nocturne traditionnelle au cours de laquelle les hommes se regroupaient autour des feux, certains pour chanter et d’autres pour se demander s’il leur serait donné de vivre un jour encore. Mais le roi avait une idée fixe : mettre à profit cette nuit sombre où les nuages cachaient la lune pour prendre l’ennemi à revers et par surprise. Le fleuve Tague, qui marquait la frontière entre les royaumes de Morgravia et de Briavel, des montagnes au nord jusqu’aux plaines du centre, avait déjà charrié le sang des deux armées au cours de cette journée. Fergys était réticent à l’idée de renvoyer au combat ses hommes épuisés ; mais le roi ne voulait pas en démordre et Thirsk avait relevé le défi.
Il n’avait vu nul mauvais présage au moment de lancer l’attaque à la tête de ses troupes ; il n’appréciait pas le plan, c’était tout. Fergys était un homme d’honneur et de tradition. La guerre avait un code qu’il préférait voir respecter.
Néanmoins, il s’était battu aussi férocement qu’à l’ordinaire, mais l’irruption de Magnus – son ami et son roi – au cœur de la mêlée l’avait perturbé. Il ne voulait pas le voir ainsi exposé. Sans réfléchir plus avant, il s’était débarrassé de trois ennemis sur sa route, pour venir aux côtés de son souverain afin de le protéger.
Par-dessus les cris et le fracas des armes, il avait fait part de ses réserves à son plus vieux et plus cher ami.
— Tu crois que ce manteau blanc est suffisamment discret ?
Magnus ignora le sarcasme, poussant l’audace ou l’inconscience jusqu’à pratiquer l’ironie à son tour.
— Il fallait bien que Valor sache que j’étais là le jour où son armée a été vaincue.
C’était pourtant un geste bien téméraire, bien plus dangereux qu’il ne l’avait pensé. Ils combattaient sur la rive de Briavel et, une fois la surprise passée, les deux armées s’étaient lancées à corps perdu dans un massacre sanglant. Les hommes de Valor n’étaient pas des pleutres et grand était leur désir de repousser les troupes de Morgravia.
Fergys avait repéré l’étendard de Briavel – indiquant que Valor lui aussi était au cœur de la bataille – et il se souvenait maintenant, en ces instants où son sang et sa vie s’échappaient de lui, combien il avait craint pour les deux rois.
Établie sur la hauteur, l’armée de Briavel avait l’avantage du terrain et Fergys avait décidé de sonner la retraite. Ses troupes avaient déjà infligé de lourdes pertes à l’ennemi ; inutile qu’un des deux monarques meure ce jour-là. Il savait que plus tard dans la journée, au cours de l’assaut qui surviendrait inévitablement, l’armée de Morgravia l’emporterait une nouvelle fois. Il avait donc donné l’ordre du repli et tous ses hommes avaient obéi.
Tous, sauf un.
Et c’était précisément celui que Fergys Thirsk avait juré de protéger, fût-ce au péril de sa vie. "

Mon avis : Premier volume de la trilogie du dernier souffle, LE DON pose les bases d'une intrigue complexe mettant notamment en scène deux rois aux volontés impérialistes, un obscur sorcier dont les intentions pourtant cachées semblent des plus malsaines... Et surtout un homme honnête et bon entrainé dans cette spirale malgré lui.
Car de par sa naissance il est le général désigné des armées du royaume de Morgravia. Et d'autre part, la jeune sorcière Myrren, sur le bûcher, lui a fait le Don du Dernier Souffle qui va l'amener à vivre plus que sa part d'aventures pour protéger ceux qu'il aime et défendre sa vie.

Ce don, ce dernier souffle, est d'ailleurs une excellente trouvaille de l'auteur qui lui permet tout au long de l'ouvrage d'inclure d'improbables rebondissements et d'entrainer son héros dans des situations aussi dangereuses que palpitantes. Mais ce dernier risque finalement de perdre l'esprit s'il ne trouve pas la solution quant à ce qu'est le Don et la façon dont il peut le maîtriser (ou y mettre fin).

Heureusement dans sa quête il peut compter sur l'aide d'alliés divers et inattendus tels qu'une voyante et sa nièce, le conseiller du roi des Montagnes, sa soeur, mais surtout Filou le chien de Myrren qu'il a recueilli et le petit Fynch, inséparable compagnon du chien.

Quoi qu'il en soit, une route de sang et de souffrance jalonne la vie du personnage de Wyl Thirsk qui aura bien des choses à accomplir pour pouvoir espérer goûter à la tranquillité de l'esprit.

Auteur : Fiona McIntosh
Editeur : Bragelonne
Prix : 22 euros
Nombre de pages : 511

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